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Hormones et périménopause · 3 min de lecture

Périménopause : pourquoi on vous parle de dépression

Aujourd’hui je vais vous raconter l’histoire d’une patiente qui me hante encore…

Drsse Hélène Heuninckx ·

Une femme de 47 ans. Brillante, bosseuse, maman de deux ados, mariée avec un homme attentionné. Elle venait de prendre un poste à responsabilités dans une grosse boîte.

Elle arrive en consultation avec : des douleurs musculaires diffuses qu’aucun bilan n’explique. Une fatigue qui ne lâche pas, même après 9 h de sommeil. Et un moral en dents de scie qui la rend méconnaissable pour ses proches.

Diagnostic de son médecin traitant : « syndrome dépressif » et « troubles d’adaptation ». Logique, hein ? Nouveau poste, charge mentale, stress. La case est cochée.

Sauf qu’il se trompait.

J’ai posé UNE seule question :

« Comment sont vos cycles ? »

Réponse : « Bizarres. Plus courts et plus abondants. Et là, ça fait 6 mois que… plus rien. »

J’ai prescrit un dosage hormonal. Estradiol effondré. FSH qui grimpait.

Périménopause. Évidente !

On a mis en place un traitement hormonal substitutif (THS). Trois mois plus tard, les douleurs avaient disparu. La fatigue aussi. Le moral revenu. Au top pour ses nouvelles fonctions !

Voilà ce que personne ne vous dit assez clairement :

Entre 40 et 55 ans, votre corps traverse une révolution hormonale qui dure parfois 10 ans. Vos œstrogènes s’effondrent, et avec eux, votre sommeil profond, votre sérénité, votre gestion du stress.

Vous vous réveillez à 3 h 47 du matin. Vous pleurez pour rien. Vous avez l’impression de devenir folle.

Et la médecine, elle, vous tend un antidépresseur.

Pas parce que les médecins sont mauvais. Mais parce qu’on ne nous l’apprend pas vraiment en fac de médecine. Les symptômes de la périménopause se confondent à presque 80 % avec ceux d’une dépression ou d’un burn-out. Sauf qu’aucun antidépresseur ne vous rendra vos œstrogènes.

Ce qui peut vraiment vous aider, en revanche :

  • Un bilan hormonal complet mais surtout une anamnèse en profondeur. Le diagnostic d’une ménopause reste essentiellement clinique.
  • Un suivi par un médecin formé à la santé de la femme, pas seulement à la gynécologie de l’urgence.
  • La connaissance de votre propre cycle, mois après mois.

Si vous vous reconnaissez dans cette histoire, faites-vous un cadeau cette semaine : posez-vous les bonnes questions et demandez un bilan hormonal à votre médecin. Vous en avez le droit. C’est votre santé. C’est votre corps. C’est votre vie.

Et surtout : prenez-vous au sérieux…

Sources

Sources : Harlow et al., Menopause 2012 (STRAW+10 criteria, stades de la périménopause) ; Santoro, J Clin Endocrinol Metab 2016 (fluctuations hormonales et symptômes) ; recommandations NAMS 2022 sur le THS.

Où vous en êtes, vous, seule une mesure le dit.

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